Pierre s’interroge sur sa paternité. Il confie ses angoisses à son père Simon, accaparé par sa campagne électorale. Le test de paternité met en péril l’équilibre du couple et à l’épreuve la famille. Il fait d’un politicien bien sous tous rapports un homme en proie à la plus contagieuse des maladies : le doute.
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Extrait 1 :
AGNÈS
Hier, j’ai oublié mon enfant dans la voiture. J’avais roulé sans but, je ne sais combien de temps, puis j’ai laissé la voiture, je ne sais plus où, je suis allée dans la forêt, j’ai couru dans tous les sens, j’ai hurlé sur les arbres pendant des heures jusqu’à ce que je sois trop fatiguée pour ressentir de la douleur. À mon retour, j’ai vu des gens agglutinés autour de la voiture. Le garçon hurlait, il était coincé à l’intérieur. Ils m’ont tous regardé avec des yeux de poisson d’étalage, comme si j’étais un monstre. Et je me suis dit, ce n’est pas moi le monstre. Il chie, il pionce, il bouffe, il pousse comme si de rien n’était. Et pourtant, il est la cause de tout.
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Extrait 2
PIERRE
Maintenant il n’est plus possible de revenir en arrière. Elle est en train de l’apprendre. Encore une minute, et tout est fini.
FRANTZECK
C’est une bonne chose, Pierre.
PIERRE
Quoi donc.
FRANTZECK
La vérité. La franchise. Deux bonnes choses.
PIERRE
Je perds l’amour de ma vie. J’aurais pu me taire. Pardonner. Recommencer.
FRANTZECK
C’est impossible. Ça se voit sur ton visage. La colère à ton nez, la déception dans tes yeux, l’envie de meurtre autour de ta bouche.
PIERRE
Si seulement je pouvais oublier. N’y a-t-il pas un poison pour effacer ce que je sais de mon cerveau.